Comment prévenir et traiter l’oïdium sans fongicides ?

La prévention de l’oïdium est cruciale pour un grand nombre de producteurs et d’installations de culture. Il s’agit d’une moisissure extrêmement courante, causée par une série d’espèces de champignons. Cette maladie végétale affecte les fruits et les légumes, y compris les cultures de solanacées, comme les tomates et les poivrons, ainsi que les cucurbitacées, comme les concombres et les melons. Il s’agit également d’un problème courant dans la culture du cannabis.

Effets et symptômes de l’oïdium

L’oïdium ralentit le développement des plantes et, dans les cas les plus graves, peut entraîner leur mort. Cette maladie tire son nom des spores poudreuses qui apparaissent à la surface des feuilles infectées, sous forme de taches blanches. Les symptômes commencent généralement à se manifester sur les feuilles plus anciennes et plus basses et comprennent une perte de couleur.

Les plantes infectées présentent souvent des symptômes supplémentaires, tels que des taches jaunes ou vertes brillantes, ou une couche poudreuse blanc-gris sur la face supérieure de la feuille. Selon le type de plante, on peut également trouver une matière poudreuse sur la face inférieure des feuilles, des tiges et des pétioles.

Chez les cucurbitacées et le cannabis, de petites structures sphériques brun foncé peuvent également se développer sur les feuilles, généralement à un stade avancé de la saison de croissance. Ces structures sont créées pour protéger les spores et peuvent devenir une source d’infection les saisons suivantes.

Prévention de l’oïdium

Le moyen le plus simple et le plus rentable de réduire les pertes de rendement liées à l’oïdium est de prévenir les épidémies. Il s’agit également d’une ligne directrice de base pour la lutte intégrée contre les ravageurs, une approche conçue pour minimiser à la fois les coûts et la toxicité associés à la lutte contre les ravageurs et les maladies.

Les spores de l’oïdium sont omniprésentes. Ils existent dans l’air et dans le sol et sont extrêmement difficiles à éviter. Mais les spores elles-mêmes n’ont pas d’effet négatif sur les plantes. Ce n’est que lorsque les spores se transforment en moisissures que les plantes sont réellement infectées.

Il existe plusieurs moyens de lutter contre l’oïdium et de prévenir les épidémies :

Taches blanches d'oïdium sur les feuilles de concombre

1. Choisir des souches de cultures résistantes

Il est possible d’éviter complètement l’oïdium en évitant les plantes les plus sensibles et en cultivant des souches naturellement résistantes à l’oïdium. Cela est particulièrement possible pour les cucurbitacées, des souches résistantes de melons, de concombres et d’autres espèces étant facilement disponibles sur le marché.

2. Éviter l’arrosage par le haut

La présence d’eau est un facteur nécessaire à la formation de ces types de maladies. Sans cela, les spores peuvent ne jamais se transformer en véritable moisissure. L’irrigation est ainsi placée sous les feux de la rampe.

Il faut toujours arroser directement le sol, en évitant de mettre de l’eau sur les feuilles elles-mêmes.

Un autre moyen d’éviter la présence de gouttes d’eau indésirables est de connaître le point de rosée, qui est la température à laquelle l’eau se condense sur les éléments structurels et les feuilles elles-mêmes.

3. Déshumidifier l’air

L’irrigation n’est pas le seul moyen d’acheminer l’eau dans une serre. Les plantes elles-mêmes transpirent constamment de la vapeur d’eau dans l’air. Lorsque l’humidité s’accumule, l’eau peut commencer à se condenser et apparaître sur les feuilles et divers éléments structurels. Un seul point de contact avec l’eau libre suffit à déclencher une épidémie de mildiou. L’élimination de l’eau après coup n’arrêtera plus la propagation.

Il est possible de réduire considérablement l’apparition de l’eau en contrôlant l’humidité de l’espace à l’aide d’un déshumidificateur.

4. Maintenir un bon éclairage ou la lumière du soleil

L’éclairage est très important dans la prévention de l’oïdium et a de multiples effets à cet égard.

Tout d’abord, une plante à l’ombre sera probablement plus froide, ce qui favorisera la condensation de l’eau sur ses feuilles. Si de l’eau se forme sur la plante à l’ombre, l’absence de rayonnement peut la faire rester plus longtemps au lieu de l’évaporer, ce qui augmente encore le risque d’infection.

En outre, les plantes qui ne reçoivent pas un rayonnement optimal ne poussent pas aussi vigoureusement, ce qui les rend plus vulnérables à un large éventail de maladies, dont l’oïdium.

5. Maintenir les cultures moins encombrées

Il n’est jamais bon de surcharger les plantes. Outre le fait qu’il facilite la contamination des plantes entre elles, il influe directement sur l’éclairage et la présence d’eau.

Une chambre de culture moins encombrée permet à l’air et à la lumière de passer à travers la canopée. Cela augmente l’évapotranspiration, rendant plus difficile la formation et la rétention de l’eau sur les plantes. Une culture spacieuse sera également plus performante en raison de la diminution de la concurrence, ce qui améliorera la transpiration et l’absorption des nutriments.

6. Introduire la circulation de l’air

La circulation de l’air, dans sa forme la plus élémentaire, permet de réaliser ce qu’un bon espacement permet de faire. Le mouvement de l’air contribue à l’évapotranspiration, ce qui réduit les problèmes d’humidité, la présence d’eau et la stimulation des plantes.

Une bonne circulation de l’air permet également de créer un climat plus uniforme, ce qui facilite le contrôle des conditions dans l’ensemble de la serre et limite les facteurs favorables à l’oïdium.

7. Tailler les feuilles infectées

Il est essentiel d’être vigilant pour maintenir les épidémies. Si elle est détectée à temps, une infection initiale d’oïdium peut être stoppée simplement par la taille, sans avoir à introduire des matériaux inutiles dans la serre.

L’infection commence normalement par les feuilles inférieures les plus anciennes. Lorsque les symptômes commencent à apparaître, retirez les zones affectées. Les feuilles et les plantes jetées doivent être retirées de l’espace de culture, car les spores fongiques peuvent encore se propager dans l’air.

8. Utiliser une solution de bicarbonate à titre préventif

Il existe de nombreuses préparations maison pour lutter contre l’oïdium. Mais la solution de bicarbonate est la seule que vous devriez envisager pour une utilisation préventive, ainsi que pour un traitement après l’éclatement de la maladie. Il s’agit d’un mélange de bicarbonate de soude, d’huile, de savon et d’eau. Le bicarbonate de soude a un pH élevé, créant un environnement alcalin qui ne convient pas aux spores fongiques.

La plupart des recettes prévoient une cuillère à soupe de bicarbonate de soude, une cuillère à soupe d’huile végétale et une cuillère à café de savon liquide, mélangées à un gallon d’eau. Il est également possible de remplacer le bicarbonate de soude par du bicarbonate de potassium, considéré comme moins agressif. L’expérimentation est la clé pour trouver le meilleur mélange pour une culture donnée.

En cas d’utilisation de solutions maison, il est recommandé de bien mélanger les ingrédients et de pulvériser les plantes une ou deux fois par semaine, en fonction de la solution et de la culture. Chaque solution peut avoir son propre temps d’application optimal, certaines sont meilleures pendant la journée, tandis que d’autres doivent être appliquées pendant la nuit.

Il est également préférable de tester chaque spray avant de l’appliquer à grande échelle. Vous pouvez tester sur une seule plante ou même une seule feuille.

Traitement de l’oïdium

Le traitement d’une moisissure ou d’une maladie ne doit être envisagé qu’en dernier recours. Vous devriez toujours vous efforcer d’éviter complètement les épidémies, en utilisant un bon mélange de mesures de prévention. Mais l’infection peut être inévitable. Dans ce cas, il est bon de disposer d’un éventail de traitements, qui peuvent être alternés pour un effet maximal.

Les méthodes de traitement suivantes vont des remèdes maison aux traitements commerciaux. Ils présentent des degrés de toxicité variables, mais sont tous préférables aux fongicides commerciaux en termes de santé humaine, végétale et environnementale.

1. Le lait

On a récemment découvert que le lait contient des propriétés antifongiques qui permettent de lutter contre l’oïdium. En fait, des études ont montré qu’il était aussi efficace que les fongicides commerciaux. Il s’agit d’un simple mélange d’un tiers de lait et de deux tiers d’eau, à appliquer chaque semaine.

2. Huile de neem

L’huile de neem, extraite du margousier, arbre originaire de l’Inde, est un insecticide et un fongicide bien connu. Les cultivateurs l’utilisent pour une très grande variété de maux. L’huile de neem est une matière organique facilement disponible dans les magasins de produits naturels.

En ce qui concerne l’oïdium, l’efficacité de l’huile de neem varie de modérée à très efficace. Mélangez 3 cuillères à soupe d’huile de neem dans un gallon d’eau et appliquez une fois par semaine ou toutes les deux semaines.

3. L’ail

La forte teneur en soufre de l’ail en fait un excellent fongicide biologique. Pour une utilisation efficace, l’ail doit être transformé en une solution, qui peut être faite à la maison ou achetée sous forme d’huile d’ail.

Les recettes maison varient, mais la version la plus basique consiste à mélanger 6 à 10 gousses d’ail écrasées dans un litre d’eau, de préférence à l’aide d’un mixeur ou d’un blender. Il est possible d’ajouter une once d’huile biologique, comme l’huile de neem. Filtrer le liquide obtenu à l’aide d’un chiffon.

Que vous utilisiez de l’huile d’ail ou une solution maison, vous devez procéder à une dilution supplémentaire – 1/10 de solution d’ail et 9/10 d’eau.

4. Le soufre

Comme indiqué précédemment, le soufre est très efficace pour tuer les spores fongiques. Il s’agit d’un produit naturel qui se présente sous forme de liquide ou de poudre.

Bien que naturel, le soufre est nocif pour les micro-organismes du sol et peut nuire aux insectes utiles. Il est également modérément toxique pour l’homme. Il convient donc d’être très prudent lors de sa manipulation et de porter un équipement de protection.

En tant que solution relativement toxique, le soufre est soumis à une réglementation, ce qui signifie qu’il n’est pas forcément une solution viable. Même lorsqu’elle est conforme à la réglementation, l’utilisation du soufre ne doit intervenir qu’en dernier recours, après que toutes les autres méthodes de prévention et de traitement se sont révélées inefficaces.

La prévention de l’oïdium n’a pas besoin d’être compliquée. Pour plus d’informations et de conseils, veuillez nous contacter.